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Contes et légendes

Wörènô è Aërëmwâ, la légende d’Aërëmwâ

Un autre que moi racontera cette légende différemment.

Quant à moi, je vous la transmet comme je l’ai reçue. Tout commença par un massacre. Cela se passa à Bwiru. C’est là que vivaient les clans d’origine : les clans Jumwâ, Kùrù et Tèiyè. Il y a les gens du lieu, moi je suis un étranger comme vous. En fait nous venons tous d’ailleurs.
Il y a très longtemps, naquit Aërëmwâ. Ses parents vivaient dans une tribu au fond de Bwiru.
Les Anciens pourront le confirmer, sa tombe existe encore. Pierre Wamo connaît l’histoire de la pierre.
Aërëmwâ était gardé par son père tandis que sa mère était allée travailler au champ. Elle s’y rendait afin de trouver de quoi manger.
Le père et son fils se reposaient.
Soudain arriva le chef Bokoé accompagné de ses fidèles. Il entra dans la case et fracassa la tête du père d’Aërëmwâ d’un coup de pierre.
Le sang qui coulait de la tête éclatée ruisselait vers l’enfant. Le petit garçon pleurait, pleurait, baignant désormais dans le sang de son père. « Un malheur est arrivé ! » s’exclama la mère en entendant ses pleurs. Elle accourut aussitôt.
Elle vit son enfant agité et le pris dans ses bras. Aërëmwâ grandit et il atteint l’âge de raison. Un jour, de lui même, il demanda a sa mère :
« Où est mon père ? Hélas, vois-tu il est parti. Mais où est-il ? Je te le dirai quand tu seras adulte. » Puis l’enfant reparti jouer.
Les années passèrent, il devint adulte. « Maman dis moi enfin, où est mon père ? Tu vois, ton père, on l’a tué en le frappant avec une pierre, lui révéla sa mère. Mais qui donc l’a tué ? » Elle lui avoua tout.
« merci de ta franchise, lui dit son fils. A présent, je te laisse...

La vengeance d'Aërëmwâ

Il partit dans la forêt pour se rendre invincible, se préparer à être puissant, revêtu des esprits de la forêt. Il y resta longtemps, trés longtemps, mangea seul sur place.
Un jour, il sut qu'il était invincible : « Je suis prêt à sortir de la forêt » se dit Aërëmwä. Alors il descendit vers Bwiru.
Il aperçut ses ennemis à Bowii, là où il y avait des tarodières, prés de la cascade. Il s'arrêta et se dit : « Je ne descendrai pas par là parce qu'ils me verront. » Il choisit de descendre en suivant la rivière. Peu de temps aprés, il arriva chez les Téyé à Bwiru. Il continua de suivre le cours d'eau, traversa la montagne où cultivait Henri Téyé, la montagne de Bwo'a.
Mais il se dit : « Si je traverse là, ils me verront encore car je serai à découvert. »

Alors, il longea le versant d'une autre montagne et arriva prés d'une autre rivière au bord de laquelle il vit aujourd'hui Gérand Boutéaran.
Il put remonter la rivière par l'atre berge.Les esprits le guidaient et le fortifiaient.
Arrivé à la cascade, il rentra sous les chutes puis escalada la roche pour ne pas être vu de ceux qui étaient au somemt. Ensuite, il prit le chemin de la source de la tarodière. A la source, il trouva un petit rocher qui cachait la canalisation.

Aujourd'hui, on peut aller sur les lieux et voir ce rocher. On reconnaît le chemin de l'eau au rocher qui la dirige vers la tarodière. Les Anciens avaient essayé de la déplacer avec toute leur puissance, mais en vain.
J'ai déjà vu ce rocher ; il est petit....Il cache la canalisation qui descend et laisse s'écouler l'eau dans un petit espace creusé par les ancêtres de la tribu.
Aërëmwä réussit à barrer l'eau. Elle ne s'écoulait plus désormais vers la tarodière du bas. Aërëmwä se cacha alors prés du rocher attendit.

Une personne est visible normalement derrière un tel rocher, mais pas Aërëmwa car son pouvoir était grand.
En bas, on s’aperçoit bientôt qu’il n’y a plus d’eau dans la tarodière.
On pense qu’il se passe quelque chose à la source, que de l’herbe bouche peut-être la canalisation. Un homme monte, Aërëmwa le frappe par derrière avec son casse-tête et le tue.
Quand on prit conscience que son absence était trop longue, on envoya un autre homme de la tribu. Il monta et subit le même sort que le précédent.
Utilisant le même stratagème, Aërëmwa frappa encore et encore et décima ses ennemis.
Quand il jugea qu’il ne restait plus que peu d’hommes à la tarodière, il se leva enfin et avança sur la crête et, à l’endroit où ses deux ancêtres criaient : Oröe ! Oröe » vers les sommets, lui poussa des pieds les cadavres en contrebas. Puis, il se tint sur la crête et déclama le discours généalogique de son clan.
J’ai retenu quelques bribes de ce discours : « Pour que je sois soleil Pour que je sois lune du pays !
Pendant qu’il parlait, il dirigeait son casse-tête vers le bas pendant que ceux d’en bas levaient les yeux vers lui et l’écoutaient.
Quand il eut fini, des pleurs et des cris éclatèrent. Les femmes, leurs paniers remplis à la hâte, les hommes, dans leurs vêtements de travail, tous s’enfuirent.

Voilà pourquoi ils sont dispersés aujourd’hui. A cause de l’histoire d’Aërëmwa.

D’après les légendes orales des anciens.
(texte écrit et traduit par Raymond AI)

Notes de Raymond Aï

Je tiens à préciser qu’aujourd’hui, il n’y a plus personne pour témoigner de ce qui s’est passé. Je ne fais que rapporter cet événement tel que je l’ai reçu par les Anciens.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’ensuite, nous sommes arrivés ensemble à BOUIROU sous le nom du clan Onéré.
Puis nous nous sommes séparés de la case pour donner : Jumwà, Kurù, Téyé.
Les clans sont restés et d’autres sont arrivés comme les Boro qui aujourd’hui ont encore des descendants.
D’autres clans ont été accueillis : une bambounière confirme la présence de Mékàju. La case existait dans ce lieu, près du vieux PÖRO’ané au fond près de Mé Bouirou. Plus haut se trouve la tombe d’Arërëmwa près de la case et de la bambounière.
Les arrivants s’arrêtaient là et selon la coutume ancienne :

- « attendez-là un instant, on va voir le grand chef ; un clan arrive chez nous, qu’est-ce que tu en penses ? »
- « Ah c’est bien ! qu’il soit honoré, amenez- les et donnez-leur un bout de terrain »

C’était ainsi au commencement.
Les Boro sont arrivés selon les coutumes d’échanges. Il en est de même pour le clan Dea et le clan Boéaran.
D’autres sont arrivés à cause des conflits claniques.
Le clan Jumwà a pris un autre
versant côté Borégahou. Leur chef de clan est Florä. Dans ce clan, il y a aussi le clan Wamo.
Dans ce récit je n’ai fait qu’apporter au mieux ce que je sais, d’autres peuvent ajouter ce qu’ils savent en plus.

Böröwi